Benoît dénonce le manichéisme, mais son discours ne quitte ce registre que pour s'enfoncer dans le cynisme... bref ça donne pas trop envie et ça ressemble furieusement à une pose.
Sur le manichéisme, il n'y a aucun doute: le discours mélenchoniste est terriblement manichéen. Mais j'aimerais que les gens se rendent compte, si c'est possible, que le manichéisme, selon qu'on se trouve du côté du manche ou de la lame, n'a aucun rapport. Je pense qu'il est non seulement compréhensible, mais aussi défendable que les opprimés usent d'un discours critique binaire: il parlent depuis leur situation, qui est une situation de défense, c'est-à-dire fondamentalement "binaire" de manque, de privation, d'exclusion. Je pense qu'un discours manichéen de la part d'un dominant est au contraire inexcusable, ignoblement cynique, obcène. Je crois qu'on oublie trop rapidement le lieu depuis lequel est émis le discours, cela fait toute la différence.
exemple simple et courant:
-dire que tout le monde peut s'en sortir comme moi en se sortant les doigts du c... voilà du manichéisme cynique abject.
- dire que je n'arriverai jamais à m'en sortir car les riches sont égoïstes est du manichéisme, éventuellement pitoyable mais moralement compréhensible.
Vous battez pas, je vous aime tous