Blow Up a écrit :
Pour devenir proprio quand on est jeune, et qu'on gagne comme 67% de la population active en France 1800 euros net ou moins par mois. On fait comment quand on est pas rentier ou héritier ? même avec les taux d'intérêts très bas, bon courage pour mettre de l'argent de coté pour avoir un apport et rembourser un crédit.
Désolé, mais vos discussions tournent quand même, pas mal a l'entre soi de privilégiés
"L'entre-soi de privilégiés", je ne sais pas ce que c'est. C'est un terme qui vise à culpabiliser d'une situation personnelle qui découle de toute une série d'événements divers et variés, sans liens particuliers les uns avec les autres.
Tu sais comment j'ai acheté notre baraque? En ayant un foyer avec deux salaires d'ingénieurs moyens (j'ai débuté avec moins de 1500 euros nets par mois dans une petite structure, sans avantages et autres merveilles des grands groupes, et j'y suis resté fidèle depuis plus de 20 ans, d'ailleurs), en utilisant l'argent que Madame avait mis de côté pendant plus de 10 ans de son boulot (ben oui, au lieu d'aller boire régulièrement à 7 euros la pinte, d'aller acheter des disques et autres piles de bouquins, tu économises ce que tu peux, peu à peu, et ça paie les frais d'agence et de notaire au final), en acceptant une mutation pendant 4 ans pour faire un boulot pas passionnant et consommateur de kilomètres mais me permettant de négocier des indemnités de déplacement non négligeables... dans l'optique de ce projet.
C'est sûr, je serais resté toujours au même endroit, dans une grande ville au coût immobilier faramineux, par choix ou par contrainte (je ne dis pas, des fois on peut, des fois on ne peut pas), je louerais. Ce ne serait peut-être d'ailleurs pas un mal, hein, je ne juge pas et ne suis pas un adepte hard-core de l'achat : chaque situation a ses avantages et inconvénients.
Par contre, considérer que ce mélange de choix personnels et d'opportunités devrait faire de moi un coupable de je-ne-sais-quoi vis à vis des gens qui n'ont pas le même parcours, non merci. J'ai aussi mes problèmes, et je ne cherche pas à faire culpabiliser quiconque sur le sujet.
Ce qui me flingue dans la période actuelle, c'est l'impression d'un climat de suspiscion systématique sur toute action ou dire de son voisin. Je fais partie de ceux qui pensent que les gens ne sont pas méchants ou retors par nature, mais qu'ils le deviennent quand on leur donne l'illusion que c'est la seule chose qui leur permettra de lutter contre le monde extérieur. Partir du principe que quelqu'un qui a plus d'argent que "la moyenne" bascule nécessairement de l'autre côté par rapport au sens commun, c'est pénible à lire et à entendre à la longue.
Un peu de bienveillance par défaut, c'est quand même pas bien compliqué, non?