Je trouve hallucinant comme certains se font des avis tranchés basé sur des séquences vidéo courtes, cadrées serrées et sélectionnées (Blow Up pourrait nous dire des choses intéressantes là-dessus)
Dès qu'on voit d'autres videos ou d'autres angles l'histoire prend une toute autre forme. On peut remonter l'histoire et voir, ce qui me paraît une évidence, une lente escalade faites d'une série mélangée de bravades, d'accrochages, de provocations, de jeu, de frustration, etc. où chacun y met du sien, par son rôle, sa loyauté, sa maladresse, son orgueil, sa peur, etc.
Par exemple:
https://m.lematin.ch/articles/(...)00001
Quand on compare ceci avec le storytelling que nous servent les médias, il faut être complètement bouché pour ne pas voir la sélection méticuleuse des scènes donnant une orientation marquée aux compte-rendu des manifestations. C'est systématique: à chaque fois que l'on tombe sur un plan plus large que celui qui nous est servi ad nauseam par les media on se rend compte que ce qui paraissait être accablant pour les gilets jaunes était précédé par une maladresse policière. On pourrait remonter encore plus loin et trouver une provocation GJ qui répondait à une humiliation policière, qui...
Donc la question c'est la sélection des scènes et l'interprétation qui en est donnée.
On pourrait revenir à ce qui a été présenté comme "l'attaque de la République", avec le transpalette... Il faut juste être complètement dépourvu de jugement pour prendre au sérieux un truc pareil. C'est un de mes questionnements actuels: ou est passé le sens critique des gens qui croient toutes les informations qui leur parviennent de l'Etat? J'ai l'impression qu'il y a 20 ans, on était plus lucide sur les rapports de force, les processus déclencheurs, les causes complexes. Aujourd'hui c'est "il a crié allah akbar c'est l'Islam"; "il a un gilet jaune, c'est le pinard (ou la cervelle)", "il a serré la main à Soral, c'est un complotiste débile".
Je crois vraiment que les gens sont devenus cons à bouffer du foin. Et je m'inclus.
Vous battez pas, je vous aime tous