Actualité politique / Règles en page 1

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lo-fi reup
+1

ces gens qui nous permettent de vivre mieux ne méritent non pas l'aumone mais le respect et la reconaissance qui leur est du.
Tostaky
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casseoreille a écrit :
Ce genre d'intervention n'est qu'une crise de jalousie déplacée! Rien ne s'acquiert sans effort, il faut être bien naïf pour penser le contraire!


Tu iras dire çà à tous les grands héritiers de patrimoine ou entreprise familiale... Et eux vont parler de mériter de travail dur... c'est quand même rigolo non?

Et casso tu es le genre de gars dans la mesure comme toujours.. Les éboueurs pas difficile? Car ils font pas 35h? et tu es derrière eux avec le chrono? Tu pourras bosser 50h, ton taff (sans te juger) ne sera pas aussi éprouvant qu'un éboueur ou maçon du fait de la difficulté physique, bosser par tous les temps dehors...
Un peu d'humilité des fois et pas prendre de haut ou rabaisser les gens car ils ont des revendications sur leur travail?

Oui dans le passé ils bossaient plus et plus dur.. mais s'il n'y avait eu que des gens comme toi, on n'en serait pas à des conditions améliorées... Les conditions ne se sont pas améliorées par la gentillesse et compassion des patrons
Pyromane à temps complet, j'ai mis le feu à tout ce que j'ai touché!
lo-fi reup
mon père me racontait que quand il était mioche tout le monde bossait aussi le samedi. C'etait plutot 10 ou 12h par jour.

Et encore avant les enfants travaillaient.


Est-ce que c'était mieux?
Tostaky
  • Special Supra utilisateur
lo-fi reup a écrit :
mon père me racontait que quand il était mioche tout le monde bossait aussi le samedi. C'etait plutot 10 ou 12h par jour.

Et encore avant les enfants travaillaient.


Est-ce que c'était mieux?


Tout le monde, tout le monde.. disons certaines classes sociales et certains métiers

Certains bossaient pas tant que çà...

Par contre taper sur les travail laborieux en disant que y'a pire ou c'était pire... Ca laisse songeur ce genre de réflexion quand même

Mais oui c'était le bon temps hein
Pyromane à temps complet, j'ai mis le feu à tout ce que j'ai touché!
Saddakoh
Mais vous ne prenez pas en compte le tissu de l'emploi local.

Un maçon à Bourg en Bresse touche plus qu'un avocat, d'où le fait que le travail du second soit considéré comme plus pénible par les locaux.
Tostaky
  • Special Supra utilisateur
Saddakoh a écrit :
Mais vous ne prenez pas en compte le tissu de l'emploi local.

Un maçon à Bourg en Bresse touche plus qu'un avocat, d'où le fait que le travail du second soit considéré comme plus pénible par les locaux.


Pyromane à temps complet, j'ai mis le feu à tout ce que j'ai touché!
Biosmog
  • Vintage Méga utilisateur
Je ne veux pas tirer sur l'ambulance mais si on travaillait plus d'heures et de façon plus "musculaire", cela ne signifie nullement que la charge de travail a diminué.

Les personnes âgées comme Cassoreille ont beau jeu de rappeler les conditions de travail d'il y a 50 ans. Mais elles semblent ignorer ou oublier que les contraintes, les exigences, l'intensité du travail ont augmenté. Pendant que le rythme s'est densifié dans une proportion qui dépasse la diminution d'heures légales travaillées, l'emprise du travail pendant les heures dites de congé a débordé: ce ne sont plus uniquement les patrons qui font quelques heures bénévoles le dimanche pour répondre aux emails ou planifier la semaine.

Parce qu'alors que les responsabilités ont été davantage distribuées à tous les échelons, ce n'est pas du tout vers une indépendance du travailleur qu'on va: les enquêtes montrent que les travailleurs se sentent de moins en moins libres d'organiser le travail comme ils veulent. Le maillage des relations de travail s'est resserré, mettant tout le monde sous la surveillance de tout le monde.

Quant au climat de travail, là encore, les témoignages sont précieux: jusqu'au début des années 80, il était facile de changer d'entreprise, l'embauche étant dans une situation de pénurie. Depuis, la pression s'est inversée. Dans les années 60, les jeunes hippies, que devait déjà détester Cassoreille, se faisaient un plaisir d'envoyer péter leur patron et d'en faire quasiment une mode. Ces derniers s'agacaient, mais étaient impuissant dans une situation de pénurie de main d'oeuvre hyper formée que seul ces jeunes étaient capables d'offrir (le taux d'universitaires a explosé entre 1945 et 1970).

Donc non, c'était bien plus cool de travailler à l'époque où Cassoreille est entré sans aucune peine dans le marché du travail. Loin d'avoir baisser, le niveau a été relevé, les exigences durcies et pas beaucoup de managers fraîchement retraités, n'auraient réussi la carrière qu'ils ont eu s'ils devaient commencer aujourd'hui. Cette incompétences structurelle des boomers ne concerne pas tout le monde, mais elle est bien réelle: nous sortons d'une génération d'élite dont l'essentiel de la formation a consisté à apprendre à avoir une jolie écriture cursive et à faire des additions.

(Edit : j'ai enlevé le paragraphe qui explique l'incompétence structurelle de cette génération qui est arrivée après-guerre, sans avoir à se battre, sans bonne formation, dans un contexte d'emploi facile de forte demande)
Vous battez pas, je vous aime tous
Biosmog
  • Vintage Méga utilisateur
Un truc emblématique des années 60-70, dans les bureaux, c'était le "coup de la veste": le gars arrivait au bureau, posait sa veste et ... se tirait pendant toute la matinée ou la journée

C'était évidemment assez rare comme pratique, et poursuivi. Mais aujourd'hui, on a atteint une telle pression sur le travail qu'on n'arrive même plus à concevoir que ça existait, que c'était possible. A l'époque, chaque bureau avait connu son cas.
Vous battez pas, je vous aime tous
Raphc
  • Custom Supra utilisateur
Biosmog a écrit :
Un truc emblématique des années 60-70, dans les bureaux, c'était le "coup de la veste": le gars arrivait au bureau, posait sa veste et ... se tirait pendant toute la matinée ou la journée

C'était évidemment assez rare comme pratique, et poursuivi. Mais aujourd'hui, on a atteint une telle pression sur le travail qu'on n'arrive même plus à concevoir que ça existait, que c'était possible. A l'époque, chaque bureau avait connu son cas.


Ca existe toujours version numérique, tu badges pour entrer et tu te cassses.
AethelBridd
Dans ce cas, qui est exploité, l'employé ou l'employeur ?
The voice of the frog is the glory of the marsh waters
Lao
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    Lao
    le
Biosmog a écrit :
....
Donc non, c'était bien plus cool de travailler à l'époque où Cassoreille est entré sans aucune peine dans le marché du travail. Loin d'avoir baisser, le niveau a été relevé, les exigences durcies et pas beaucoup de managers fraîchement retraités, n'auraient réussi la carrière qu'ils ont eu s'ils devaient commencer aujourd'hui. Cette incompétences structurelle des boomers ne concerne pas tout le monde, mais elle est bien réelle: nous sortons d'une génération d'élite dont l'essentiel de la formation a consisté à apprendre à avoir une jolie écriture cursive et à faire des additions.

En fait je reconnais bien là mon expérience. J'ai appris à écrire avec des plumes Sergent Major trempées dans l'encrier. Ce qui me distingue de Casseoreille, c'est d'une part que j'habitais Paris et d'autre part que j'ai adhéré à l'esprit de 68.
Je me souviens que quand je suis parti de Paris pour habiter Reims, le premier jour je vais à l'ANPE et je ressort avec un job pour le lendemain matin (bon fichiste à la sécu c'est un départ par le bas (fond) - j'ai bossé 2 mois dans une cave ). A cette époque beaucoup de mes copains se faisaient un boulot de 6 mois/1 an en économisant et partaient en stop en orient. De mon côté, comme j'étais plutôt assoiffé de connaissances j'ai repris des études pendant presque 10 ans (donc j'espère ne pas être mis dans la catégorie "structurellement incompétent" ).
Dans le fond ton analyse est juste, le stress au travail n'a pas arrêté d'augmenter parallèlement avec ce qui est défini comme de la productivité (ce qu'oublie de mentionner casseoreille). Et je suis d'accord aussi sur le fait que les compétences requises aujourd'hui (j'ai 2 fils au niveau ingénieur et plus) peuvent être très élevées et d'ailleurs ça pose de sérieux problèmes pour ceux qui ne rentrent pas dans le moule scolaire.

Une des grosses modifications qu'on a vécue que tu ne mentionnes pas c'est la mondialisation de l'économie capitaliste ; les usines sont parties ce qui correspond à une transformation sociale radicale en une génération , le secteur tertiaire a explosé, maintenant le secteur des services et le chômage a progressivement augmenté.

et puis, il faut aussi noter que la qualité de la créativité musicale des années 60-70 est assez plébiscitée
"Seulement le danger avec la haine, c'est que quand on commence il en monte cent fois plus qu'on en aurait voulu. Je ne connais rien de plus difficile à brider que la haine. Il est plus facile de renoncer à la bouteille que de juguler la haine, et ça n'est pas peu dire." Philip Roth
Biosmog
  • Vintage Méga utilisateur
Lao a écrit :
Biosmog a écrit :
....
Donc non, c'était bien plus cool de travailler à l'époque où Cassoreille est entré sans aucune peine dans le marché du travail. Loin d'avoir baisser, le niveau a été relevé, les exigences durcies et pas beaucoup de managers fraîchement retraités, n'auraient réussi la carrière qu'ils ont eu s'ils devaient commencer aujourd'hui. Cette incompétences structurelle des boomers ne concerne pas tout le monde, mais elle est bien réelle: nous sortons d'une génération d'élite dont l'essentiel de la formation a consisté à apprendre à avoir une jolie écriture cursive et à faire des additions.

En fait je reconnais bien là mon expérience. J'ai appris à écrire avec des plumes Sergent Major trempée dans l'encrier. Ce qui me distingue de Casseoreille, c'est d'une part que j'habitais Paris et d'autre part que j'ai adhéré à l'esprit de 68.
(...)
Une des grosses modifications qu'on a vécue que tu ne mentionnes pas c'est la mondialisation de l'économie capitaliste ; les usines sont parties ce qui correspond à une transformation sociale radicale en une génération , le secteur tertiaire a explosé, maintenant le secteur des services et le chômage a progressivement augmenté.

et puis, il faut aussi noter que la qualité de la créativité musicale des années 60-70 est assez plébiscitée


Je pense effectivement que tu as un peu plus de recul que certains. L'incompétence structurelle, c'est une généralité, une grosse moyenne. C'est dû au double fait qu'on a bricolé de toute urgence un système de formation de masse (il y a eu une révolution des besoins en formation entre 1940 et 1960) et qu'il y avait 50 places de travail à chaque volée de 30 personnes qui sortait.

Sinon, je crois qu'il faudrait interroger les gens sur l'évolution du travail, juste avant la retraite et pas 10 ans après. Là, ils seraient peut-être moins enclins à dire "qu'aujourd'hui c'est tranquille, par rapport à d'antan"


Enfin, j'aimerais bien savoir à quel âge Cassoreille a pris sa retraite. Parce que critiquer les acquis sociaux quand on en a profité un maximum, ça me rappelle ces enfants d'émigrés au prénom bien français qui luttent contre l'émigration et hésitent à se présenter à l'élection présidentielle.
Vous battez pas, je vous aime tous
Biosmog
  • Vintage Méga utilisateur
Lao a écrit :

et puis, il faut aussi noter que la qualité de la créativité musicale des années 60-70 est assez plébiscitée


Ah ben oui. C'est la preuve que lorsqu'on emmerde moins les gens, ils se montrent meilleurs
Vous battez pas, je vous aime tous
Lao
  • Vintage Top utilisateur
  • #65788
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    Lao
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FreoBridd a écrit :
Dans ce cas, qui est exploité, l'employé ou l'employeur ?

Dans un cas c'est de l'exploitation ; dans l'autre cas c'est de la tromperie (non respect du contrat).

Il faut considérer que l'on est dans le virtuel. Il y a 60 un ouvrier devaient maintenir une cadence de production et même 60 ans plutôt il pouvait être payé à la pièce produite. Même si l'argent est aussi virtuel, il y avait une relation assez concrète entre un objet produit et la rémunération surtout quand celle-ci se faisait en espèces.

Dans les activités numériques aujourd'hui, ce genre de chose n'est plus possible. Les managers ont beau inventer des KPIs et autres critères à la con pour assurer leur pouvoir, le travail fourni quotidiennement est difficilement mesurable de manière objective et souvent les employés ont plus de compétences techniques (et donc plus de capacités de détournement) que les patrons voir même les managers.
"Seulement le danger avec la haine, c'est que quand on commence il en monte cent fois plus qu'on en aurait voulu. Je ne connais rien de plus difficile à brider que la haine. Il est plus facile de renoncer à la bouteille que de juguler la haine, et ça n'est pas peu dire." Philip Roth
Blow Up
Vous oubliez les bullshit jobs. Un système qui place le travail au centre de son modèle social et économique, mais qui est incapable d'en fournir à tout le monde, se trouve obligé de créer des emplois inutiles.

C'est ça la grande révolution le travail qui ne sert à rien pour auto-justifier le système. Contrairement aux éboueurs (qui font un job utile) des millions de personnes dans le monde sont payés pour faire des jobs inutiles, vides, improductifs. Franchement, autant leur donner un revenu universel, ça ne changera pas grand chose.
AethelBridd
Lao a écrit :
Dans un cas c'est de l'exploitation ; dans l'autre cas c'est de la tromperie (non respect du contrat).

C'est bien ou pas ?
The voice of the frog is the glory of the marsh waters

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