Whooooaaaa... petit chef d’œuvre vu hier soir sur Netflix, le film coréen
PAVANE !
Le pitch de Netflix :
Trois personnes solitaires qui travaillent dans le même grand magasin trouvent du réconfort en compagnie les unes des autres tout en explorant les liens et la nature de l'amour.. Ok là vous vous dites encore un truc romantico-cucul ridicule... eh bien NON !! On tient là une pépite du cinéma asiatique, avec cette lenteur caractéristique mais avec une mise en scène étonnante, poésie de l'ordinaire et métaphores oniriques sur fond de quotidien désabusé.
Réflexion sur l'importance des relations humaines, amicales comme amoureuses, par un trio en marge du moule de la société coréenne et en conflit intérieur avec eux-mêmes. Chaque personnage se soutient mutuellement : l'excentrique, bâtard héritier du grand magasin, qui tente d'exister aux yeux des autres ; le gars simple et sensible , apprenti danseur, marqué par l'abandon de son père ; enfin le "dinosaure", surnom méprisant donné à une jeune femme, qui ne rentre pas dans les critères de la beauté coréenne et qui est envoyée dans les sous-sols sombres du magasins pour gérer les stock, loin des clients riches. (C'est des acteurs/actrice qui j'ai déjà vu dans d'autres rôles, sans me souvenir où exactement)
Ce microcosme s'organise dans les souterrains du grand magasin, entre les parkings et les réserves mais nos (anti)héros remontent parfois à la surface, comme dans cette cantine ou ils se frottent aux autres employés, beaucoup plus intégrés dans ce monde des apparences tellement coréen. Comme ce trio de vendeuses de luxe, hautaine sans même s'en rendre compte... mais qui elles aussi cachent leurs solitudes déprimantes
(D'ailleurs l'une d'elle est l'actrice qui fabrique les sacs à main dans The Art Of Sarah).
Un petit bar décrépi sert aussi de décor, endroit idéal pour rêver d'une vie moins ordinaire, ou plutôt plus proche de leurs vraies envies. En particulier cette romance qui naitra entre les deux plus jeunes, romance loin du superficiel et de la facilité qu'aurait pu choisir le héros.
Encore une fois tout est indirect, le film suggère tout comme cette partie de badminton... métaphorique !?
Un film contemplatif, à contre-courant de ce que laisse supposer le pitch de départ. C'est un livre coréen à l'origine
"Pavane for the Dead Princess" de Park Min-gyu et c'est aussi le nom dune œuvre de Maurice Ravel "Pavane pour une infante défunte". La musique classique qui est omniprésente... mais aussi du bon gros Metal dans deux scènes particulières !!
Pour synthétiser, le film est une comédie triste ou un drame joyeux, c'est très étonnant, plusieurs moments font sourires alors même que la situation n'est pas drôle
(sans spoiler c'est difficile à expliquer)... bon, ça dure pas loin de deux heures mais le style et les ambiances sont très variées, donc on ne s’ennuie pas.
Bref, si vous aimez les T-shirts David Bowie, les aurores boréales en Islande et les indiens qui chevauchent dans les vaste plaines... vous adorerez ! (et surtout vous comprendrez ce que je raconte !! )