shadow_gallery a écrit :
Non dans 5 ans ce sera ni mieux ni pire. Il ne faut pas se leurrer, il y a pas une solution miracle d'un côté et le chaos de l'autre. Ce ne seront que des mesurettes, dans un cas comme dans l'autre. Aucun des 2 n'a l'envergure pour envisager un New Deal à la française.
Sinon si je suis ton raisonnement 54% des français sont bercés d'illusions. Très bien. Vous en avez pas marre de vivre avec des cons?
Un peu si.
Mais je vais te dire : la plus grande illusion est celle de l'absolue tolérance. Quand je vois qu'il y a communément (ces élections faisant exception) un cinquième de gens qui votent à l'extreme droite, par exemple, je n'ai aucune raison d'être bienveillants envers une bonne partie de mes concitoyens. Faut admettre, une bonne fois pour toutes, que chacun d'entre nous estime vivre au milieu d'une certaine proportion de cons, et que chacun de nous fait bien entendu partie du paquet de cons de pas mal de monde.
L'absolu respect de tous est soit une illusion, soit un foutage de gueule.
A mes yeux, on a eu beau faire passer Royale pour une neuneu pendant toute la campagne (tout en se plaignant de diabolisation, ça me fait marrer), le vrai naïf, ne t'en déplaise, c'est Bayrou. Penser qu'on va trouver en tout une voie de compromis, c'est une illusion, un manque de conviction idéologique au profit d'une conviction politique de plaire au plus grand nombre. C'est peut être le fin du fin du clientélisme.
Mais comme on sait que l'UDF a toujours été la voiture balai du RPR, puis de l'UMP, je me dis qu'on verra si Bayrou était juste un naïf ou finalement s'il se revend à Sarkozy (si celui ci passe, bien entendu). Rendez vous aux législatives.
C'est pour cela que je fais partie des gens rassurés par la colère de Royal au débat de mercredi. La politique n'est pas affaire de compromis seulement, elle est aussi affaire de convictions. Et les convictions, c'est dans les tripes que ça se passe. Alors qu'on soit révolté, qu'on garde intactes ses capacités de révolte face à un discours ou un individu, ça me rassure.
Bien plus, en tout cas, que de tenter de discuter avec les électeurs du FN pour trouver des terrains d'entente.
Mon plus grand regret, la fin de mes illusions politiques, c'est de me rendre compte que nous n'avons plus d'idéologues sur les bulletins, mais des communiquants, des VRP d'un programme clientéliste (les trois premiers du premier tour, au moins). La politique est morte, les médias et les ambitions personnelles l'ont tuée.