Nikk Dee a écrit :
En fait plus ça va et plus je te soupçonne d'être un "liberal" (au sens anglo-saxon du terme, et entre guillemets parce que l'accent passe mal à l'écrit
), donc un démocrate
Et en fait, c'est aussi ce qui me dérange dans cette élection: de Borloo à DSK en passant par Bayrou, les frontières sont ténues, voire inexistantes, il y a au plus des nuances, mais le diagnostic est commun, et les remèdes proposés sont pour ainsi dire les mêmes. Alors pourquoi Borloo soutient-il, par une logique d'appareil, Sarkozy, qui, en tant que conservateur, est l'antithèse absolu de ce modèle qui renonce à choisir entre le "laisser faire et laisser passer" et le tout-étatique.
Et de l'autre côté, les concessions de Royal à la gauche "dure", "historique" qui se définit comme un parti de gouvernement dont la ligne idéologique est dictée par le PCF m'exaspèrent tout autant.
Il n'empêche que Royal est clairement une social-démocrate, le seul fait qu'elle se soit assise autour d'une table avec Bayrou en atteste (même si, bien évidemment, il y avait des considérations électoralistes là-dedans, ne soyons pas naïfs), donc plutôt dans la même famille d'idées.
Mais bon, ça fait un bout de temps que je rève au minimum la scission du PS entre socio-démocrates et gauche dure...
Je plussoie violemment.
Le pari de Bayrou (et certainement le souhait d'une bonne partie de ses électeurs, quelques soient leurs affinités initiales) est effectivement d'aller d'un Borloo à un DSK/Rocard (ou Fabius s'il arrêtait d'essayer de faire croire qu'il est la gauche de la gauche) en passant par Delors and co. Son problème, c'est que les partis existent , sont en place, sont des machines indispensables pour gagner. Ils demandent à beaucoup de responsables politiques (élus locaux notamment) de lâcher la proie pour l'ombre.
Faut avoir de sacrées convictions pour le faire. Je ne suis pas certain que beaucoup d'hommes politiques, qui dépendent des partis pour leur réélection, osent le pari et l'engagement.
Pour moi, le PS est aujourd'hui plus orienté social démocrate que gauche dure, et cela, plus que l'UMP lui-même. Il n'y a qu'à regarder les principaux responsables du PS: Royal, Dray, DSK, Fabius, Kouchner, même Jospin (ok hors jeu, mais encore là il n'y a pas si longtemps). Bien sûr il reste du Emmanuelli et aussi de la gauche plus ào gauche. Mais quand même, on s'est quand même pas mal rapproché du centre côté PS.
Côté UMP, à part Borloo, peut être les ex-faux UDF genre Robien (ou Veil qui m'a un peu étonné en soutenant Sarko) c'est quand même plus orienté droite "droite" il me semble.