Houlà, plein de choses auxquelles répondre... Donc dans l'ordre:
Sarssipius: en fait, la différence fondamentale entre les US et la France, c'est que chez nous, la société reste trop monolithique, et la notion de nation (sympathique exercice de diction ) trop "traditionnelle" (pour livrer le fond de ma pensée, je crois les français encore trop viscéralement racistes) pour qu'une quelconque discrimination positive puisse fonctionner. Chez eux, la notion de "bon américain" se définit par un raport à la nation, alors qu'içi la notion de "bon français" est quasi-exclusivement génétique (raciale, en clair) et fortement teintés d'extrême-droite. L'idée que tout un chacun, indépendamment de son origine géographique, sociale et religieuse puisse être un "asset" (faute d'un meilleur terme) pour une entreprise n'est pas encore assez ancrée dans les moeurs à mon sens pour, encore une fois, que quelque chose de proche des Equal Opportunities ait une chance de fonctionner. C'est triste à dire, mais c'est comme ça. Et ce qui me révolte profondément, c'est que ce n'est certainement pas Sarkozy qui va faire quoi que ce soit pour arranger les choses, il l'a déjà largement prouvé...
Nowhere: en fait, si ma hantise de Sarkozy, qui représente à peu près tout ce que j'abbhore en politique, de démagogie, de fausses promesses et de politique-spectacle faite des gesticulations médiatiques (avec le soutien amical de TF1 et son propos fréquemment poujadiste, mouvement qui a donné sa chance à un certain borgne, rappellons-le), ne m'avait pas déjà décidée depuis longtemps, ma logique aurait été simple. Le monde dans lequel nous vivons restreint ipso facto les marges de manoeuvre en termes d'interventions gouvernementales, ce qui fait que, en voulant aller dans la surenchère sociale, un gouvernement PS ne pourrait de toute façon faire qu'une casse limitée. Ils le savent, ils s'en sont déjà rendu compte en 83. Et de toute façon, son entourage autant que son probable Premier Ministre, DSK, aussi bien que, je le pense, elle-même ont suffisamment les yeux en face des trous pour se rendre compte que ce n'est ni souhaitable ni même envisageable.
Alors qu'a contrario, par son mode de fonctionnement même, et par les mesures qu'il avance, Sarkozy est en mesure de faire une casse énorme dans le tissu social et la cohésion nationale, parce que sa démarche de stigmatisation et d'oppositions systématiques ont un effet boute-feu impressionnant, on en a eu la démonstration suffisamment je le crois.
Donc, dans cette logique, je pense sincèrement qu'il n'y a qu'un seul et unique choix à faire, parce que de deux maux, il faut choisir le moindre, et que les deux sont pour moi sans aucune comparaison...
Et de toute façon, et là je rejoins Ced, voter blanc, c'est tout de même, dans l'état actuelle des choses, plutôt avantager Sarkozy. Chose pour moi inimaginable.
Ced: à voir, je pense qu'il y a tout de même un certain nombre de gens à l'UMP avec qui on peut s'entendre, au-delà de Borloo. Par contre, je ne rangerai certainement pas Fafa le tourne-veste (encore un bel exemple de ce que la politique a de plus pourri), ni même dans une certaine mesure Dray, dans la liste des progressistes/socio-démocrates du PS. L'un comme l'autre sont encore trop fortement ancrés dans des logiques renvoyant (pour le coup) à la plus pure tradition gauchiste. Même Hollande, Mr appareil (même si évidemment il défend son bout de gras, sa posture de ces derniers jours m'exaspère) ne m'a pas frappé comme étant particulièrement progressiste, d'ailleurs...