La rivière d'Ain, comme la Dordogne d'ailleurs, ont toujours eu un peuplement de truites farios sauvages, qui, grâce à la richesse en nourriture (porte-bois, gammares, etc.) atteignaient des tailles et des poids considérables. Il n'était pas rare de prendre une truite de 10kg et des ombres de 1,5kg.
Nous les pêchions au toc, au lancer, mais aussi et surtout à la mouche. Nous étions dans la rivière avec nos cuissardes ou nos waders, nous lancions nos soies et nos mouches à une dizaine ou quinzaine de mètres, alors que très souvent le poisson était dans nos pieds, et il n'était pas rare de voir une truite d'1 à 2kg nous passer entre les jambes.
On se laissait griser par les gobages lointains, à celui qui lançait le plus loin et le plus précis.
Depuis quelques années, le réchauffement climatique, les pollutions, et les marnages des barrages, ont contribué à la raréfaction du peuplement piscicole. C'est d'ailleurs pour cette raison que nous remettons tous nos poissons à la rivière.
Et encore une fois je rejoins "Oldamp" lorsqu'il nous dit que la truite est facile à prendre, notamment en début de saison, au toc, car affamée après l'hiver, jusqu'aux premiers jours de l'été où elles se montrent alors plus difficiles, plus sélectives, dans les appâts ou mouches qu'on leur présente.
Seuls les champions parviennent à les tromper, en pêchant ultra fin, fil 6/10ème en bas de ligne et nymphes confectionnées à la main. Nous avons six champions du monde de pêche à la mouche qui s'entraînent souvent et qui sont un véritable spectacle à regarder par les arabesque de leur soie, la longueur de leur lancer, la précision, et la chute naturelle de leur mouche, larve ou nymphe artificielle.