Masha a écrit :
Ça fait longtemps que c'est plus du tout snob d'utiliser des mots anglais
Mon «coup de gueule» ne dénigre pas le snobisme, mais plus profondément l'avenir de la «culture» française qui m'a tant émerveillée quand j'étais adolescente.
Il me semble que de plus en plus on observe des dérives qui peuvent être recevables quand cela va dans le sens d'une simplification, mais je crains que ce soit dans le sens d'un abrutissement.
Par exemple je suis pas trop choquée par ma propre manie d'écrire «je suis pas» au lieu de «je ne suis pas» même si cela va à l'inverse de mes structures de langue puisque en portugais on a le «ne» mais jamais le «pas». Não sou = je ne suis pas, on peut dire aussi Eu não sou, Eu = je, mais pas habituellement, Eu não sou, signifierait plutôt, «Moi, personnellement, je suis...»
(Moi-personnellement-je..., j'adore cette formulation entendue 10 fois par jour sur vos chaînes TV )
Les étrangers ont pour la plupart des difficultés avec l'orthographe du français car les mots sont écrits parfois bizarrement et prononcés différemment de la règle classique. Les exemples sont nombreux : oignon, monsieur, femme, faisaient, Août...
Alors je me demande où est l'intérêt d'un mot comme «gaslighting» si la moitié des français le prononce «gaslaïtine», l'autre moitié «gasseliguetaingue» et une troisième moitié ne sait même pas de quoi il s'agit (et sans doute des américains...).
Ça finira en Tour de Babel (j'ai pas dit de Bab-el-Oued) et c'est pas être «suprémaciste» (du latin supremus, passé en français sous l'influence de l'anglais supremacist) que de le regretter.
Quand on bouffe comme les Américains, on chante comme les Américains, on parle comme les Américains, on Netflixe comme le américains, on thanksgivingue comme les Américains, on baise comme les Américains (les filles gardent leur soustinge et les mecs leur caleçon dans tous les films ou presque), on est créationniste comme 70 % des Américains, on finit par... marcher sur la lune, pardon... sur la tête...