Glam ND a écrit :
Il va y avoir (peut-être) un peu de spoiler pour m'expliquer sur Black Swan que j'ai vu hier mais c'est pour dire que je ne suis pas d'accord avec Ed Pero. Donc attention si vous lisez, je ne devoile pas gd chose mais je file mes "clefs" pour dire ce que j'ai compris
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ce que tu as appelé "grand guignol", pour moi, c'est un réalisateur qui s'est extrêmement documenté sur ce qui se passe dans la tête d'un(e) schizophrène ... ses hallucinations, cette façon de penser qu'elle se transforme, de dépasser la douleur ... pour moi c'est pas du grand guignol, c'est limite une plongée "psychiatrique/medical" très juste dans le cerveau d'une schizo (ma copine étant psy et était avec moi, ça l'a remué de voir sur écran ce qu'elle entend de certains des patients qu'elle a cotoyé) ...
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A côté de ça, on apprécie/déteste tous des films pour plein de raisons que je peux bien comprendre ... et je pense que BlackSwan, effectivement, ne plaira pas à tous
Le côté grand guignol et la violence objective font partie du cinéma d'Aronovsky et c'est peut-être ce que j'aime le moins chez ce réalisateur. Dans "the wrestler" il y a des scènes d'une immense violence et ceux qui l'ont vu considèrent probablement les agrafeuses d'un autre oeil désormais.
Mais ce n'est pas ce qui m'a le plus gêné.
Ce qui fait de
Black Swan un film finalement plus grand public que les autres oeuvres d'Aronovsky, c'est son dernier quart d'heure horriblement explicatif. Lui qui a toujours fait des films très ouverts, libres d'interprétation (the Fountain par excellence), là pour le coup ça ne lui ressemble pas. C'est en cela que je ressens une volonté de brider ce réalisateur inventif et assez génial de la part d'un producteur qui a vu un film à oscars là où Requiem for a Dream en aurait mérité autant, si ce n'est plus. En gros, Black Swan est un film intelligent mais qui par moment prend un peu son public pour des cons et s'attarde sur des métaphores visuelles peu subtiles. De la part d'un autre réalisateur, cela m'aurait rendu moins acide. Mais entre Aronovsky et moi désormais c'est je t'aime moi non plus.
Sinon j'ai vu
The Green Hornet (et c'est là que les fans de Black Swan vont me détester) mais j'ai trouvé ça plutôt bon, super décalé. En gros, c'est un Batman beauf qui ne sait rien faire sans son chauffeur. Un bel hommage à Bruce Lee au passage. Attention, ce n'est pas le film du siècle non plus.
Shahada : Ne mettant en scène que des personnages en condition extrême, perdus dans des auto-culpabilisations dévorantes (une jeune femme qui avorte, un jeune homosexuel en pleine remise en question, un imam modéré qui ré-interprète le Coran mais qui est incapable de parler avec sa fille, un flic qui a blessé une femme enceinte), il perd en objectivité. Aucun n'est heureux dans sa religion, tous se torturent l'esprit, tous se détestent eux-mêmes. Comment parler de foi et d'amour dans ces conditions ? Un personnage heureux dans sa religion et dans sa foi aurait peut être apporté un peu d'objectivité. Il en ressort un film amer, des impressions de vies brisées au nom d'un dieu punitif incarné en l’auto-flagellation mentale que les personnages s'infligent. A moins que l'intention ne soit d'avoir voulu faire un brûlot contre les musulmans en tentant de dégoûter tout le monde de cette religion et de la faire passer pour rétrograde, barbare et bêtement superstitieuse. Ce serait plutôt réussit de ce point de vue là. Pourtant cela n'a pas coupé l'appétit de ma voisine de siège, plus voilée qu'une roue de vélo et dévorant ses pop corns. Quand on vous dit que ça empêche de se concentrer de manger en regardant un film.
Interstella 5555 : je me réveille un peu tard, je l'ai vu en DVD... Un film d'animation lourd de métaphores peu subtiles (encore un) nanti d'une musique hypnotique et redondante composée par le fils du parolier de la compagnie créole et de son meilleur ami portugais. Enjoy... moi pas !!
Benjamin Button : revu pour la 4è fois... c'est un pur joyau. Il y a tellement de significations possibles, d'ouvertures, de métaphores à creuser, de détails sublimes... le tout porté par une foi humaniste en l'humain tout à fait bouleversante. Un très très grand film pour moi.