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Rappel du dernier message de la page précédente :
Mark Twang
darko_parrain a écrit :
pas trop comparable , pour moi mulholland est une caricature de lynch envers lui même d ailleurs pas mal de scènes rappellent ses anciens films

Jugement bien lapidaire à mon avis. Lost highway et Mulholland Drive illustrent deux schémas bien distincts de la confusion. Sans en dévoiler trop, le premier est très ouvert quant à son interprétation car l'explication la plus souvent avancée se heurte à un obstacle de taille dans la narration qui se trouve être parfaitement cyclique (une boucle qui se répète, comme l'illustre le générique de fin et du début). Mulholland Drive est cryptique mais est au contraire parfaitement linéaire et parsemé d'indices qui finalement ne laissent plus aucun doute lorsqu'on les a tous rassemblés.

En revanche, Inland Empire, que Lynch voulait probablement être un film somme de ses obsessions, tourne vraiment à vide par moment et ne cultive plus guère la bizarrerie que pour la bizarrerie.
Pas trop fan de David Lynch en ce qui me concerne...

Par contre parmi les réalisateurs contemporains qui méritent un peu d'attention et pas encore cités ici je mentionnerais Atom Egoyan ("The Sweet Hereafter", "Exotica", ...).

Sinon, c'est pas la technique qui apportera un nouveau souffle au cinéma. Prenons l'exemple de Kubrick : est-ce l'usage de lentilles ultra lumineuses sur "Barry Lyndon", ou d'effets spéciaux novateurs sur "2001" qui font de ces films des chefs d'oeuvre ? Je n'en crois rien...
Doc Loco
Ad Rock a écrit :
Pas trop fan de David Lynch en ce qui me concerne...

Par contre parmi les réalisateurs contemporains qui méritent un peu d'attention et pas encore cités ici je mentionnerais Atom Egoyan ("The Sweet Hereafter", "Exotica", ...).

Sinon, c'est pas la technique qui apportera un nouveau souffle au cinéma. Prenons l'exemple de Kubrick : est-ce l'usage de lentilles ultra lumineuses sur "Barry Lyndon", ou d'effets spéciaux novateurs sur "2001" qui font de ces films des chefs d'oeuvre ? Je n'en crois rien...


Je suis assez d'accord avec toi, mais d'un autre côté "2001" avec des effets cheap ou "Barry Lindon" avec une photographie bof, j'ai du mal à imaginer tellement ça fait partie intégrante du spectacle total que sont ces films. Même si je suis bien d'accord, les intérêts majeurs sont ailleurs (histoire, interprétation, profondeur).
In rod we truss.

"It's sink or swim - shut up!"

Mon best of 2025 de la scène rock japonaise et coréenne
https://www.guitariste.com/for(...)47681
Moi je crois que c'est la maîtrise du langage cinématographique au service d'une histoire forte qui a fait de ces films des chefs d'oeuvre.

Après, comme toi il me paraît difficile d'imaginer "Barry Lyndon" avec une photographie bas de gamme. Mais si on compare avec "The Duellists" de Ridley Scott qui bénéficie d'une photographie qui a souvent été comparée à "Barry Lyndon", ce qui fait la force du film de Kubrick (aussi excellent soit "The Duellists") ça reste pour moi le destin de cet homme , son ascension et sa chutte irréversible.

Alors que Ridley Scott s'intéresse à deux hommes bouffis d'orgueil du début à la fin de l'histoire, Kubrick montre comment l'orgueil d'un homme s'accomode d'un parcours de vie chaotique, fait de réussites et d'échecs. C'est cet angle d'attaque qui rend "Barry Lyndon" plus fort selon moi...
Doc Loco
Ad Rock a écrit :
Moi je crois que c'est la maîtrise du langage cinématographique au service d'une histoire forte qui a fait de ces films des chefs d'oeuvre.

Après, comme toi il me paraît difficile d'imaginer "Barry Lyndon" avec une photographie bas de gamme. Mais si on compare avec "The Duellists" de Ridley Scott qui bénéficie d'une photographie qui a souvent été comparée à "Barry Lyndon", ce qui fait la force du film de Kubrick (aussi excellent soit "The Duellists") ça reste pour moi le destin de cet homme , son ascension et sa chutte irréversible.

Alors que Ridley Scott s'intéresse à deux hommes bouffis d'orgueil du début à la fin de l'histoire, Kubrick montre comment l'orgueil d'un homme s'accomode d'un parcours de vie chaotique, fait de réussites et d'échecs. C'est cet angle d'attaque qui rend "Barry Lyndon" plus fort selon moi...


Bonne comparaison entre deux films que j'adore. A la réflexion, je crois que tout simplement Kubrick nous fait ressentir de l'empathie pour son personnage, tout aussi pourri qu'il soit (ceci dit, il utilise un vieux truc: si vous voulez faire éprouver de l'empathie pour un salaud, opposez-le à plus salaud que lui - et là, le personnage du beau-fils est une merveille de veulerie, couardise et ignominie), là où Ridley Scott ne cherche pas à "défendre" ses personnages - c'est sans doute plus "honnête" mais à terme moins payant.
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Azazello
Doc Loco a écrit :

A la réflexion, je crois que tout simplement Kubrick nous fait ressentir de l'empathie pour son personnage,


L'empathie ce n'est pas vraiment le point fort de Kubrick.
Doc Loco
Azazello a écrit :
Doc Loco a écrit :

A la réflexion, je crois que tout simplement Kubrick nous fait ressentir de l'empathie pour son personnage,


L'empathie ce n'est pas vraiment le point fort de Kubrick.


C'est en général vrai, mais il y'a des exceptions, comme Barry Lindon mais aussi les Sentiers de la gloire.
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bustyblonde
Ad Rock a écrit :

Prenons l'exemple de Kubrick : est-ce l'usage de lentilles ultra lumineuses sur "Barry Lyndon"(…)

…en fait il a monté des objectifs Carl Zeiss (conçus pour l'astrophotographie?) sur des caméras inutilisées qui trainaient dans les studios studios et dont personne ne voulait à l'époque. Il a aussi beaucoup utilisé les objectifs zoom pour "aplatir" l'image sur Barry Lindon comme sur une peinture d'époque.

Ad Rock a écrit :

Après, comme toi il me paraît difficile d'imaginer "Barry Lyndon" avec une photographie bas de gamme.

…et les costumes!
Je n'arrive pas à revoir ce film: l'opus 101 de Schubert me fout un de ces cafards… par contre, intégrer le fameux extrait de "Musica Ricercata" de Ligeti dans Eyes Wide Shut était une idée redoutablement efficace!
Je pense comme Azzazello que Kubrick ne cherche pas viscéralement à provoquer de l'empathie pour ce cher Redmond Barry. Rien dans ce personnage n'est à priori de nature à le rendre sympathique. Ce n'est qu'à la seconde moitié du film, lorsque ce personnage est confronté à son propre déclin, qu'on peut éventuellement commencer à éprouver une vague tendresse pour lui (après 1h30 de film tout le monde doit en principe s'accorder sur le fait que c'est un connard orgueilleux et détestable).

"Paths of Glory" est une oeuvre singulière en effet dans la filmographie de Kubrick. Mais là encore, Kubrick n'utilise le "pathos" qu'indirectement, en jouant sur le contraste saisissant d'un état major discutant de fusiller quelques mutins pour l'exemple autour d'une tasse de thé d'une part, et la réalité vécue sur le terrain par le soldat de base. Et ce faisant il ne fait jamais que montrer une réalité crue sans jouer d'effets de manche particuliers...
Doc Loco
Qui a parlé de pathos ou "d'essai viscéral de provoquer de l'empathie"? Kubrick est quand même un poil plus subtil que ça . Mais je persiste: rendre le beau-fils de Barry à ce point haïssable (qu'est-ce qu'il prend le boutonneux!) ne peut avoir qu'un seul but, c'est provoquer en écho une certaine compassion pour un personnage que jusque là Kubrick s'est échiné à avilir. Sinon ce personnage de beau-fils (dont les motivations sont après tout compréhensibles) aurait été traité de façon moins "portrait à charge".
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Doc : je ne voulais pas laisser entendre que c'est ce que tu disais...

Je voulais plus rebondir sur la réflexion d'Azazello que je trouvais particulièrement pertinente. En fait, il semble qu'on soit tous d'accord. A aucun moment de sa filmographie, Kubrick n'utilise les grosses ficelles du pathos (pas de nappes de violons larmoyantes, pas de plans serrés "à fleur de peau") pour susciter une émotion particulière auprès de son public. C'est probablement un élément important pour expliquer la singularité de sa filmographie...
Azazello
Ad Rock a écrit :
En fait, il semble qu'on soit tous d'accord. A aucun moment de sa filmographie, Kubrick n'utilise les grosses ficelles du pathos (pas de nappes de violons larmoyantes, pas de plans serrés "à fleur de peau") pour susciter une émotion particulière auprès de son public.


Y a la fin de Full MEtal Jacket avec la sniperesse qui est pleine de pathos je trouve, et c'est une scène ratée à mon avis, c'est d'ailleurs un rajout de Kubrick par rapport au roman.
Jean Didier
Les Sentiers de la Gloire c'est quand même pas bien loin du pathos : les soldats qui pleurent en allant se faire fusiller (ces soldats n'ont d'ailleurs rien qui pourrait contrarier l'empathie qu'on a pour leur triste sort), le discours made in USA de Kirk Douglas sur la race humaine, la fin avec la chanteuse allemande. Mais c'est compréhensible, Kubrick était loin d'avoir développé son langage à l'époque. Et j'aime beaucoup ce film d'ailleurs.
Oui mais à ce compte là dès qu'on filme les émotions humaines on tombe dans le pathos...

Pour moi un réalisateur verse véritablement dans le pathos quand il use d'effets pour provoquer une réaction auprès du public... Après je conviens que la frontière puisse être floue !
K.Lagan
Azazello a écrit :
Ad Rock a écrit :
En fait, il semble qu'on soit tous d'accord. A aucun moment de sa filmographie, Kubrick n'utilise les grosses ficelles du pathos (pas de nappes de violons larmoyantes, pas de plans serrés "à fleur de peau") pour susciter une émotion particulière auprès de son public.


Y a la fin de Full MEtal Jacket avec la sniperesse qui est pleine de pathos je trouve, et c'est une scène ratée à mon avis, c'est d'ailleurs un rajout de Kubrick par rapport au roman.


Je suis assez d'accord avec ceci, pour moi la deuxième moitié du film m'a toujours pronfondément emmerdé. Pour moi Kubrick n'est pas vraiment capable de faire dans le reportage de guerre, mais parvient mieux à mettre en scène les éléments qui s'en approchent pour dénoncer son absurdité (le camp d'entraînement de Full Metal Jacket, les procès des Sentiers de la Gloire, ...).
"j'ai du mal à concretiser virtuellement tout ça."
"Fender stratocaster signature Yngwie Malmsteen manche escalopé"

"-I wonder how fairy farts smells like ...
-Probably like skittles."
Denis13
  • Vintage Méga utilisateur
J'ai vu black Swan ce week-end, et franchement j'ai adoré.
Énormes performances de Portman et de Cassel, et l'immersion totale de la danseuse étoile dans son monde, sa passion et la douleur physique et psychique que représente cette discipline est très bien rendu.
A voir

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