fremen_mu a écrit :
Tout à fait d'accord, après, je le respecte, c'est un super musicien, mais comme beaucoup de guitaristes, il a tendance de faire une vérité universelle de ses propres besoins. Pour avoir joué dans un cover band reprenant du U2, du Dire Straits première période, du hard rock classique et du metal, il m'est arrivé d'utiliser un certain nombres de modèles d'amplis différents et ça passait très bien, mais je sais les régler, faire des presets c'est mon métier depuis 10 ans maintenant. Il y a plein d'autres choses qui me font tiquer, je pourrais les commenter mais ça me prendrait un temps que je ne veux pas consacrer à ça, ce genre de débats, j'ai déjà donné, c'est bon
J'ai juste partagé cette vidéo parce que j'ai eu une notification de nouveau message pour ce thread au moment même où j'étais en train de la mater !
Je pense que pour faire de la reprise, c'est-à-dire produire des caractéristiques de son stéréotypées que l'on connait par avance et que l'on attend, la modélisation est un outil très puissant qui répond exactement à ce besoin: pour aller chercher des sons stéréotypés, à la caricature, que l'on trouve dans tel ou tel album, c'est l'outil idéal. C'est exactement ce que dit Bitoun: il n'y a pas d'innovation, on est dans l'imitation de quelque chose: il faut prendre au sérieux ce mot. On peut le voir empiriquement dans tous les topics qui parlent de simulations vs topics qui parlent d'amplis à lampe: il y a une sureprésensation des musiciens de cover dans l'usage de la simulation. Et c'est compréhensible: on peut passer en revue 30 ans d'évolution d'un genre musical, et de matériel, avec une simple petite boite. Et Bitoun ajoute un argument très intéressant je trouve: cette imitation se contredit puisque qu'elle cherche à imiter quelque chose qui, dans le rock, a été découvert et a été produit à la base "accidentellement". Une analogie: c'est un peu comme vouloir retranscrire une improvisation jazz: cela n'a absolument aucun sens. C'est le paradoxe que tu relèves kael31: ce n'est en fait pas le paradoxe de Bitoun, c'est le paradoxe de la simulation, pour faire du rock'n'roll. Le rock'n'roll est un art de la spontanéité, de l'énergie brute, du control tout relatif de ce qui se passe (du dialogue?) avec un ampli chauffé à blanc jamais réglé tout à fait de la même manière. Et la simulation est exactement l'inverse.
Sur la qualité du son, je suis un peu moins d'accord avec Bitoun, la simulation s'améliore à ce niveau. Mais je suis quand même d'accord pour dire que dans les fuzz, l'empilement de pédales, mais même pour le son d'un seul ampli quand il est très bon, cette magie qui surgit on ne sait comment, cette articulation particulière du son, ce "juteux" qui sort du cabinet, on en est encore loin, guitare en main, face au haut-parleur. Je le dis toujours: caché derrière un rideau, on arrive dans la pièce, quelqu'un d'autre joue: on peut être bluffé. Guitare en main, face à mon Fender Tone Master FR, je n'ai jamais ressenti les sensations magiques et inspirantes d'un ampli.
Vous battez pas, je vous aime tous