jjloco a écrit :
c'est marrant, entre les gens qui comprennent pas ce que je dis, ceux qui commencent à me prendre de haut, et ceux qui font les deux on se rapproche d'un fonctionnement typiquement backstagien :p
alors, soyons méthodique:
- Blow up prouve-moi que le glyphosate a déjà des effets indiscutables et dis-moi quels sont-ils. On a déjà abordé la question des adjuvants et je ne pense pas qu'on soit en désaccord là-dessus. Pour résumer: danger probable => réduction de l’exposition, c’est le processus en cours
-Shaka: le gars de la vidéo s'est laisser aller à utiliser une figure de style et le journaliste s'est jeté dessus comme une hyène (et depuis c'est un héros façon Elise Lucet). Refuser de boire du glyphosate ne donne aucune information sur son caractère carcinogène.
Pour le reste: tu fais un appel à la nature qui n'est pas pertinent en soi (c’est pas une attaque perso, c’est juste le type d’argument). Pour info le maïs c'est une évolution de la téosinte provoquée par l'homme, tu devrais donc arrêter d'en manger, la garriguette sort des labos de l'INRA aussi... Pour info toute la nature est chimique, l'eau, ton sang, c'est chimique. Tu vas me dire "ouais en fait je veux dire truc de synthèse", ben de l'O2 ou n'importe quelle autre molécule, ça reste de l'02, que ce soit né dans une forêt ou dans un labo.
Par ailleurs tu confonds engrais et herbicide
Là, évidemment, je suis évidemment d'accord avec toi, il est clair que le gars se jette dessus et que c'est très provocateur, et qu'il s'attendait forcément à ce genre de réaction mais j'aime le principe et ça m'amuse
En dehors du principe de la dangerosité du produit sur la santé humaine pour les cancers, si tu as l'occasion d'aller voyager en dehors des sentiers battus, dans des pays comme la Bolivie ou l'Inde, tu pourras te rendre compte de l'impact du Roundup et des graines brevetées par Monsanto sur les petits paysans, tu verras par toi-même les résultats: misère, suicides. Evidemment, on en parle assez peu.
Je pense être suffisamment informé sur le sujet et j'ai pu voir sur mon grand-père les incroyables conséquences des produits chimiques sur ses revenus et sur sa santé.
Pour revenir à notre actualité française et sur nos chers (dans tous les sens du terme) députés, il est très intéressant de lire le billet de François Ruffin. Qu'on apprécie ou pas le personnage, c'est pas là l'important, je pense que dans tous les cas, on peut difficilement remettre en cause son engagement et sa sincérité, et il a publié un billet sur comment s'est déroulé le vote à l'assemblée sur le glyphosate:
Citation:
Glyphosate: de Rugy sabote son Assemblée
"Un seul député insoumis présent, sur 17, sur l'interdiction du glyphosate. Je suis trop déçue !" On a reçu un paquet de courriels comme ça, et des remarques sur Facebook.
Alors que répondre ? La vérité. Je vais parler pour moi, à la première personne : je suis un bleu à l'Assemblée, et ils m'ont blousé. Ils ont réussi, sur le glyphosate, un tour de force. Dans cette guérilla parlementaire, ils ont oeuvré pour bafouer la démocratie.
Qui ça, "ils"? C'est le président de Rugy, en première ligne.
Qu'on résume : depuis une semaine, sur le projet de loi agriculture, nous siégeons de 9 h 30 le matin à 1 h du matin suivant. Samedi et dimanche compris. Avec, en parallèle, les missions et les commissions. Dans ce tunnel continuel d'amendements, plus de deux mille au total, difficile de deviner quand vont passer les trucs importants. On fait le guet. On perd des centaines et des centaines de votes, à lever la main en cadence. Et après sept jours de cette guerre d'usure, ce mardi, à 1 h moins deux minutes, le président de Rugy décide, arbitrairement, de prolonger les débats. Comme si le glyphosate était un point anecdotique, ou justement parce qu'il ne l'est pas. Parce que, sinon, ça repoussait la discussion au mardi 16 h 30. Et alors, l'hémicycle serait plein, les débats animés sur cette promesse du président Macron, la passion soulèverait les rangs.
Et ça, il ne faudrait surtout pas.
Surtout pas.
Que la chambre d'enregistrement demeure froide et morte.
Que de Rugy veille sur elle comme un croque-mort sur un cadavre.
Oui, il faut accuser : le président de Rugy, qui organise lui-même le sabotage du parlement! Comment? Par ces prolongations nocturnes, certes, ces méthodes de cosaques. Mais au-delà: lui qui devrait nous protéger, lui qui devrait préserver le législatif contre l'exécutif, lui s'en fait le complice quotidien pour nous gaver de lois. Car, pour ce projet Agriculture, qui s'annonçait un marathon, de Rugy aurait pu bloquer deux semaines. On serait retournés chez nous le vendredi, en circo, les idées remises au clair. Mais non, il fallait faire vite. Au pas de charge. Parce que, derrière, arrive Elan, sur le logement, et là encore, on bouclera et bâclera en une semaine, samedi et dimanche compris. Et qu'on se souvienne, juste avant, du projet de loi "Asile et immigration", voté en catimini un dimanche soir ! C'est un dimanche, encore, ce dimanche dans la nuit, que fut rejetée la fin des poules en cages, autre engagement du candidat Macron.
Et qu'importe, ici, qu'on soit pour ou contre tout ça.
Qu'importe.
On voit bien que ces sujets mobilisent des citoyens, des pans de l'opinion.
Que les controverses et les décisions du Parlement sont attendues.
Le président de l'Assemblée fait tout, alors, non pour permettre le débat, mais au contraire, pour le miner, pour l'enterrer, pour l'amoindrir. Plutôt que de résister à la toute-puissance de l'Elysée, il agit en porte-flingue.
Répétons-le: c'est du sabotage législatif.
Conscient.
Volontaire.
De la maltraitance des députés. On s'en fiche, admettons.
De la maltraitance des salariés, aussi. Cette nuit, alors que les débats venaient de s'achever (à 3 h du matin!, la présidente de séance a d'ailleurs décidé, en dernière minute, de supprimer les "positions de vote" des députés), un copiste de l'Assemblée me chuchotait: "On en a marre. Ca fait onze jours sans pause, pour moi. Avec des horaires impossibles. On est épuisés. On n'a jamais vu ça."
Et surtout, de la maltraitance des citoyens, quand les lois sont ainsi passées, en vitesse, presque en clando, dans le dos de leurs représentants.
Alors, que Les Républicains soient plus aguerris à cet art du siège: on peut le dire. Qu'on manque d'expérience face à ces stratagèmes, et qu'il nous faille progresser: on peut le dire. Que le gouvernement, allié au président de l'Assemblée, nous ait efficacement dupés: on peut le dire.
On ne peut pas dire, en revanche, que les camarades Insoumis et moi-même soyons paresseux (matez les stats de nosdeputes.fr), ou qu'on s'en fiche du glyphosate (au contraire, c'est presque transformé en symbole identitaire), ou même, même, même, que l'amendement serait passé (un coup de sonnerie, une suspension de séance, et les presseurs de bouton de la majorité rappliquaient, bien plus plus nombreux que nous).
N'empêche que.
N'empêche que.
A ce jeu injuste, on va s'efforcer de progresser.
Et puis, écouter aussi l'interview d'un député LREM (enfin un des bons soldats du beau Jupiter) par Guillaume Meurice, à partir de 3'30":