Born to run a écrit :
La France est le seul pays au monde où un Président est élu au suffrage universel direct.
Aux Etats-Unis, il y a le filtre des grands-électeurs. Au Royaume-Uni, en Allemagne, en Espagne, en Italie, le filtre des Parlements.
En France, rien. Pas de soupape de sécurité à un éventuel raz-de-marée extrémiste populaire.
Le suffrage universel direct peut donc mener à tout, ce qui inclut, en toute logique, le pire.
On en avait eu un avant-goût en 2002…
Or, ce qui fait le plus réfléchir dans le vote du 29 mai dernier, c’est la déconnexion totale du corps électoral et des élites de ce pays.
Maintenant, on peut imaginer un scénario catastrophe pour 2007 :
· A gauche : deux candidats socialistes s’annihilant, disons Strauss-Kahn –Fabius
· Face à une extrême-gauche qui a le vent en poupe qui pour peu qu’elle arrive à se rassembler au tour d’un candidat unique (pas évident de concilier communistes et trostkytes, m’enfin… sans oublier anti-mondialistes, alter-mondialistes, anti-racistes, et autres anarchistes), disons Besancenot.
· En face, Sarkosy affaibli sur sa droite par De Villiers, sur sa gauche par Bayrou, sur ses franges par un candidat chiraquien…
· …et un Le Pen qui réussirait une nouvelle superbe campagne silencieuse, facilitée par les peur de l’Elargissement, dont on a tant sous-estimé la portée.
(Rappelons que le candidat d’extrême-droite avait réussi à obtenir 17,79% des voix au second tour, avec 700 000 voix de plus qu’au premier tour, 5,5 millions contre 4,8 au premier tour. On croyait le vote purement protestataire, le second tour a révélé un essai transformé et un électorat votant en pleine conscience pour un Le Pen Président.
Avec ces hypothèses surréalistes mais crédibles : l’improbable devient probable : Besancenot et Le Pen au second tour d’une élection présidentielle.
Entre Besancenot et Le Pen, qui choisiriez-vous comme gardien des Instititions, celui qui peut dissoudre le Parlement, nommer et révoquer les premiers ministres à volonté, qui choisiriez-vous comme chef des armées, comme détenteur du pouvoir nucléaire ?
Ce dimanche funeste, (s’il se produit un jour) pourra être mis à profit pour relire « Le coup d’Etat permanent » d’un certain François Mitterrand, publié en 1964. Celui qui disait : « Avant moi, ces institutions étaient dangereuses, après moi, elles le resteront. »
Excellent post Born to Run, effectivement on touche du doigt les limites dangereuses ce système.
Pourtant ce sont les moins democrates de nos politiciens qui sont les premiers à critiquer nos institutions alors qu'il riquent d'en bénéficier. N'est-ce pas Le Pen, justement qui parlait en 2002 de la necessité d'une sixième republique (sic, depuis quand il est republicain lui?) ?
N'est- ce pas la LCR qui parle ouvertement de ictature du proletariat et de pendre les bourgeois au reverbère (Besancenot, en 2002)?