On donne son avis, on pose la question de savoir s'il est possible d'apprécier Pascal Mono une fois qu'on a passé ses nuits à zapper entre Linda perhacs et du post hardcore français... et on se fait taxer d'intolérant.
C'est exactement le genre de glissement qui fait qu'aujourd'hui beaucoup de gens intéressants n'ont plus accès aux medias, que tout devient lisse. C'est moi ou de nos jours dès qu'on donne son opinion il y a quelqu'un pour brandir l'irrespect et l'intolérance. Il faudrait ne jamais rien critiquer, rien caricaturer sous couvert d'être éclectique, tolérant, ouvert et n'entrer en contradiction avec personne. Il ne faudrait plus avoir d'avis tranchés, de position déterminée, ou en tout cas ne pas l' exprimer, éviter le débat, la polémique, que tout soit lisse lisse lisse, et que le seul point de vue discordant autorisé soit celui canalisé par l'establishment contestataire syndical et mis en scène par la télévision lol.
Je vais devoir à mon regret procéder à un petit rappel sémantique bien pédant.
Petit Robert 1, 1977, Tolérance : le fait de tolérer, ne pas interdire ou exiger alors qu'on le pourrait; liberté qui résulte de cette abstention.
Donc jusqu'à preuve du contraire personne ici ne milite pour l'interdiction de Pascal Mono et l'envoi au goulag de tous ses fans. Non. Justement on TOLERE et on vient discuter. Et c'est tellement dur de tolérer le matraquage qu'on en deviendrait presque malgrés nous les kamikazes de la véhémence.
Donc oui il y a surement quelques personnes qui ont manqué de respect à qui de droit sur les 800 pages, mais il y a aussi et surtout beaucoup de personnes qui donnent leur avis, et parfois beaucoup moins sérieusement que les mots ne le laissent paraitre.
Bref je passe. Là c'est intéressant :
Citation:
Il est clair que Pascal n'est pas mon artiste préféré et ne sera sûrement jamais à la hauteur d'un Clapton ou d'un Tom Yorke ou encore du petit musicien du café du coin qui nous fait frémir et qui pourtant n'est pas connu...mais et alors????? L'écouter me sera tout de même agréable...
Je le concède volontiers, il est des moments dans l'existence ou l'écoute d'un titre de Pascal Mono puisse m'être agréable. Comme l'autre jour j'ai apprécié entendre du Cabrel dans un bus parce que ça donnait une atmosphère bizare à l'heure ou tous les gens sont mornes pour aller bosser. Quelque chose entre la conscience de la nécessité de se vider le cerveau en écoutant du Cabrel pour oublier le fait qu'on était en route pour du travail famille patrie boulot metro dodo, mais quand même se laisser bercer par la mélodie catchy, l'atmosphère mièvre nostalgique. Décoller dans le flou à mille lieux des vibrations du moteur, de la fumée d'échappement, des arrêts qui se succèdent méthodiquement au rythme du cliquetis des portes et se laisser dire les paroles bien connues dont le refrain fatalement commence ou fini par "je t'aime".
Une autre circonstance ou je pourrais apprécier du Pascal Mono : une monstre virée sur une plage de Noirmoutier vers 4 heures du matin avec un poste de radio et des vieux potes, histoire de faire les foufous en fin de soirée.
Et ça pourrait même faire un souvenir. Bordel quand on a hurlé du Pascal Mono sur la plage en finissant le whisky, tu te souviens ?
Voilà.
Mais quand j'ai envie de m'imprégner de sons, faire de l'écoute active, sursauter quand un vieil accompagnement de cuivre débarque en plein milieu d'un morceau pour le pousser dans une nouvelle direction, faire le plein d'idées et d'ambiances, éponger... et bien là je ne trouve pas mon compte à écouter du Pascal Mono. Et il se trouve que personnellement j'accorde plus de valeur à cette musique là, celle qu'on peut réécouter des milliers de fois et toujours découvrir des choses insoupçonnées tellement c'est riche...
Exactement comme Valérie qui pense a priori que PM ne sera jamais à la hauteur d'un Clapton, et ce faisant les place sur une échelle de valeur comparable à la mienne. Et on est bien d'accord Pascal Mono lui même il est surement lucide et il n'en pense pas moins.
Donc ce qui nous sépare, c'est que moi je dis haut et fort que Pascal Mono n'est pas très haut sur l'échelle, et que par conséquent il y a mieux à écouter, et que la vie étant courte autant se bouger pour aller chercher ces disques et avoir la chance d'y jeter une oreille avant de retourner particules.
Et valérie tu sembles dire plus ou moins la même chose mais dans la perspective inverse, Pascal Mono n'est pas très haut sur l'échelle mais c'est agréable.
Donc au bout du compte je propose simplement de former le collectif pascal 2007, "pour mettre du rock sur la scène politique". En plus ça cadre parfaitement avec son album concept sur la généralisation du monodiscours et de la politique-gestion à court terme, ainsi que ses essais sur comment réinventer des objectifs communs axés sur du tangible et non du metaphysique à l'échelle des peuples.